Les modes d’excitation sexuelle (Partie 1)

 

Les apprivoiser pour s’épanouir sexuellement*

Nous avons tous et toutes des particularités dans la façon dont nous aimons nous exciter sexuellement et vivre notre plaisir sexuel. Ce sont nos Modes d’Excitation Sexuelle (M.E.S.) qui déterminent notre capacité à moduler notre excitation sexuelle et augmenter notre plaisir sexuel. Les variations des lois du corps (vitesse de nos mouvements, tonicité des muscles et l’espace utilisé par notre corps) déterminent notre M.E.S. Le type de nerfs stimulé variera aussi le M.E.S. Il y a les nerfs profonds qui nécessitent une pression ou une contraction musculaire importante pour activer une stimulation. Les nerfs superficiels se retrouvent à la surface de la peau et ils sont stimulés par des touchers légers sur le corps.
Il existe d’innombrables variations pour se stimuler sexuellement, par contre il est possible de les catégoriser en cinq (5) différents modes d’excitation sexuelle. Chacun de ces modes ont des forces et des limites qui peuvent être utilisées dans différents contextes pour répondre à notre besoin sexuel du moment.

Mode archaïque

Le mode archaïque se retrouve souvent au début du développement sexuel chez l’enfant. Elle nécessite principalement de stimuler les nerfs profonds en contractant fortement les muscles dans la région génitale (cuisses, pelviens, fessiers, abdominaux). Les mouvements de la personne utilisant ce M.E.S. sont restreints et leur respiration, généralement au niveau du thorax, est saccadée. L’excitation sexuelle monte rapidement durant la masturbation, mais le plaisir sexuel peut être plus difficile à ressentir, car il y a peu de fluidité dans le corps. Il n’est pas rare que les gens aient des crampes musculaires (déplaisir) durant la stimulation particulièrement quand ils tentent d’atteindre l’orgasme.
Les femmes pratiquant ce M.E.S. se retrouveront souvent sur le ventre pour se masturber ou placeront un objet (drap en boule, oreiller, toutou, etc.) entre leurs jambes. Certaines parviendront à l’orgasme en contractant seulement les muscles et en utilisant des fantasmes sexuels. Ces femmes prendront rarement plaisir à la pénétration, car la contraction de leurs muscles pelviens ferme l’ouverture du vagin et donne l’impression d’être déjà «remplie». Donc, la sensation d’un pénis ou d’un objet à l’intérieur de leur vagin leur procure peu de plaisir sexuel et d’excitation sexuelle. Le clitoris sera stimulé par certaines femmes avec une forte pression soit avec les doigts ou un jet d’eau (pomme de douche ou robinet du bain).
Les hommes qui ont tendance à serrer fortement leur pénis dans leur main pratiquent le M.E.S. archaïque. Ils stimulent les nerfs profonds du gland et contractent les muscles entourant les organes génitaux. Ils réussissent rapidement à atteindre un orgasme durant la masturbation, mais ils peuvent facilement perdre l’érection durant une pénétration ou de l’anéjaculation car ni le vagin, ni la bouche, ni l’anus ne peuvent reproduire la même sensation au niveau de leur pénis.
Ce M.E.S est souvent utilisé à l’enfance et plus souvent chez les femmes adultes que chez les hommes. Il a l’avantage d’atteindre une forte excitation sexuelle, d’obtenir un orgasme rapidement et même multiple chez les femmes. Toutefois, il peut entraîner des difficultés érectiles chez l’homme ou une difficulté à obtenir l’orgasme chez les deux sexes durant la pénétration.

Mode mécanique

Certains individus se stimuleront de manière plus mécanique d’où provient le nom du prochain M.E.S. Ce mode nécessite de stimuler les nerfs superficiels, donc un toucher plus léger de va-et-viens sur les organes génitaux (pénis, vulve, clitoris ou vagin). L’obtention d’un orgasme est souvent accompagnée d’une augmentation dans la vitesse et par conséquent une tonicité plus importante des muscles du haut du corps (bras, épaules, pectoraux, etc.). Le mouvement devient généralement automatique et mécanique ce qui ne permet pas d’être autant éveillé aux variations des sensations du corps que d’autres M.E.S. De plus, le mouvement du bassin est plutôt restreint et la respiration est thoracique et saccadée.
Ce mode typiquement masculin, mais aussi utilisé par plusieurs femmes permet d’obtenir une excitation sexuelle rapide et ainsi un orgasme. Chez l’homme, on retrouve une stimulation généralement en va-et-viens avec la main fermée autour du pénis tandis que les femmes stimuleront leur clitoris avec un ou des doigts et un toucher plus léger que le mode archaïque. Une des variantes chez les femmes nécessite de stimuler l’entrée du vagin en pénétrant avec ses doigts ou un objet.
Les personnes qui utilisent le M.E.S. mécanique ont souvent une difficulté à maintenir la tension qui se crée durant une excitation sexuelle. On retrouve alors des hommes qui éjaculent rapidement durant la stimulation de la pénétration orale, vaginale ou anale. Ils n’ont pas développé la capacité à moduler leur excitation sexuelle en la diffusant ailleurs que vers les organes génitaux. La femme nécessitera d’ailleurs de stimuler son clitoris durant la pénétration qui n’est pas toujours évident selon les positions choisies. Comme les contractions musculaires sont moindres au niveau pelvien, la pénétration n’est pas grandement ressentie, car le vagin ne caresse pas le pénis comme d’autres M.E.S pourront le faire.
Lire la suite du dossier:
Archaïco mécaniques, ondulatoires et en vague
Autre article relié:
*concepts inspirés de l’approche sexocorporelle

 

En connaître plus sur l’auteur

Francois Renaud M.A.
Sexologue & psychothérapeute Centre-ville de Montréal

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