Différence du niveau de désir sexuel dans le couple

Comment  y remédier?


Le désir sexuel se définit comme un élan, une attirance envers une personne ayant dans l’objectif réel ou fantasmatique d’avoir des activités sexuelles avec une autre personne. Il existe différents types et catégories de désir sexuel qui amène chacun leur lot de dynamique dans un couple. Le type de relation sexuelle et la fréquence avec laquelle on aimerait les avoir peuvent être très différent de celles de notre partenaire.

Règles universelles d’un couple


Dans chaque relation on retrouve un Partenaire avec un Grand Désir (PGD) et un Partenaire avec un Faible Désir (PFD). En d’autres mots, nous nous retrouvons toujours avec une personne qui veut du sexe plus souvent que l’autre. Les rôles sont réversibles et changent tout au long d’une relation et elles peuvent s’appliquer autant à l’homme que la femme, peu importe l’orientation sexuelle. Généralement, au début d’une relation on voit très peu de différences chez notre partenaire. Par contre, plus le temps avance, on commence à remarquer qu’il a un partenaire qui initie plus souvent, en veut plus, l’évite ou encore fait semblant d’aimer les relations sexuelles. Une règle de la dynamique de couple est que le PFD contrôle la sexualité par choix ou non. Il contrôle le quand, le comment, la fréquence et le pourquoi de la sexualité. Ils ont se contrôlent car s’est le partenaire qui en veut le moins et donc ils ont le choix d’accepter ou de refuser d’avoir des relations sexuelles. La plupart du temps, c’est à ce point que les chicanes et insultes commencent :

·       T’es frigide
·       T’en veux jamais
·       T’es un obsédé
·       Tu ne penses qu’à cela
·       Si tu arrêtais d’en vouloir autant peut-être que j’en voudrais si tu me
laissait tranquille
·       Tu ne m’aimes plus
·       J’ai tout essayé et rien ne change
·       Tu me trompes!
·       …

Nous sommes un couple, nous sommes supposé faire l’amour


Cette dynamique est très fréquente chez les couples qui ne savent pas comment gérer le rejet par rapport à la sexualité. Il croit que le sexe leur ait dû ou que cela est la tâche du partenaire parce qu’ils sont un couple. Typiquement, le Partenaire avec un Grand Désir (PGD) va initier plus souvent et quand il aura été refusé après de multiples fois, il peut devenir encore moins désirable. Ils mettent tout le blâme sur le partenaire qui a moins de désir, ce qui empire leur situation. Certaines iront encore plus loin, où ils arrêteront de mettre des efforts dans la séduction pour initier une relation sexuelle, tout en supposant que l’autre répondra à son besoin. Si son besoin n’est pas répondu, il mettra le blâme sur leur partenaire.

La position du PGD


Le PGD agit de cette manière pour se protéger des sentiments de rejet qu’il ressent. Quand une personne s’est fait rejeter à plusieurs occasions par rapport à la sexualité, il est très fréquent de commencer à douter de sa désirabilité. Le PGD peut avoir tendance à choisir de mettre moins d’effort dans la séduction, car il est encore plus souffrant de se mettre davantage vulnérable et d’être rejeté à nouveau. Le sentiment d’impuissance est aussi très fréquent chez les PGD. Donc, le pattern le plus récurrent est de commencer à demander de manière détachée ou avec beaucoup de ressentiment ou appréhension au PFD d’avoir des relations sexuelles. Plutôt que de créer du désir chez l’autre en étant soi-même désirable et en séduisant.

Position du PFD


Au premier regard, on pourrait soupçonner que la position du PFD est beaucoup plus intéressante. Ces personnes sont satisfaites car elles ont la sexualité qu’elles veulent et le nombre de fois qu’elles veulent. De plus, elles ont le contrôle, ce que les PGD leur reprochent fréquemment et ressentent d’ailleurs de l’injustice. Mais un instant! Aucune de ces deux positions dans le couple n’est plus intéressante que l’autre. Les PFD, la plupart du temps, ne ressentent pas avoir le contrôle sur la situation. Ils doivent constamment mettre leur limite face à leur partenaire, même quand ceux-ci se font bombardés de demande et parfois insultés. Ils peuvent se sentir inadéquat comme partenaire et avoir peur de perdre l’autre s’ils n’offrent pas du sexe. Parfois, elles n’aiment pas le type de sexualité qu’elle a avec son partenaire, mais elles ont trop peur de blesser les sentiments de l’autre. Donc, ils préfèrent éviter la chose au complet. Cela leur donne l’impression de ne pas réellement être en contrôle, ce qui les obligent souvent à offrir du sexe par pitié.

Sexe par pitié


Rare sont les couples qui vont admettent qu’ils ont du sexe par pitié, mais c’est probablement le type de relation sexuelle le plus fréquent dans les relations à long terme. Surtout dans les relations où la dynamique du PGD et PFD n’a pas été gérer de manière saine. Une difficulté du désir sexuel dans un couple qui n’a pas été travaillé généralement cause des difficultés au niveau de l’alliance dans la relation. Allons davantage en profondeur dans cette dynamique de sexe par pitié. Cela se définie comme du sexe que nous offrons à notre partenaire pour éviter un conflit ou la rupture de la relation ou pour qu’ilelle arrête de se plaindre. Comme vous vous en doutez surement, du sexe par pitié est le pire type de relation sexuelle que vous pouvez imaginer offrir ou recevoir. Cela est ni intéressant, ni plaisant pour aucun des partenaires. Le PFD qui offre cela au PGD du couple sont le plus souvent qu’autrement très passif et désintéressé de la relation sexuelle. Le PGD va la plupart du temps s’en rendre compte, mais tentera désespérément de l’ignorer car cela est trop douloureux pour leur estime de soi. Le PFD peut même faire des commentaires similaires à celui-ci: «Finissons-en qu’on passe à autre chose!».

Ce qui est encore plus surprenant dans cette situation, c’est non seulement le PFD offre ce type de sexualité désagréable, mais le PGD l’accepte. D’ailleurs, elles vont souvent se dire : «si je n’accepte pas cela, j’en aurai pas du tout!» Ce type de pensée fonctionne plus souvent qu’autrement contre la personne qui maintient cette lignée de comportement. Non seulement avoir cette perception est un manque de respect pour soi-même, mais aussi pour l’autre partenaire. Pensez-y pour un instant : Pourquoi est-ce que le PFD devrait mettre la moindre effort dans la sexualité, si vous êtes prêt(e) à accepter le pire sexe de votre vie? Ce type de manque de respect de soi rend une personne particulièrement indésirable. De plus, si le PFD ne se sent pas respecter parce que leur partenaire les prend pour un objet pour satisfaire leur besoin sexuel, il ne faut pas s’attendre à ce que cela dure bien longtemps ou que notre partenaire aime le sexe avec le PGD. Cette dynamique fait ressentir au PFD qu’il est indésirable à ses yeux et donc n’aura pas la capacité à ressentir du désir pour les autres, parce qu’il perde leur intégrité.
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En connaître plus sur l’auteur

Francois Renaud M.A.
Sexologue & psychothérapeute Centre-ville de Montréal

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