Désire-moi, stp! Augmenter son désir sexuel

Les politiques du désir sexuel

Connaissez-vous un couple qui a eu des difficultés sexuelles, une panne de désir ou la disparition de la libido? Il est fort probable que vous allez répondre non, car les gens n’osent pas parler de leur difficulté intime avec leur bien-aimé à leur entourage. Par contre, je me retrouve dans mon bureau avec une panoplie d’individu et de couple avec les défis que la sexualité apporte.

C’est un des mystères les plus complexes à résoudre pour un couple de garder la flamme dans une relation et maintenir une satisfaction sexuelle avec un même partenaire. Certains vont ouvrir le couple pour remédier à la situation en allant chercher de la variété parmi plusieurs partenaires sexuels. Par contre, pour ceux-celles qui préfèrent la monogamie et les avantages que celle-ci procure, comment y arriver. Quels sont les enjeux et les embûches d’une sexualité épanouissante? Si j’aime mon/ma partenaire, ne devrais pas le désirer aussi?

 

Je veux être désiré(e) vs j’ai besoin d’être désiré(e)

Tout le monde désire être désiré parce que cela amène un sentiment agréable d’être voulu, apprécié, aimé et nous offre une validation de notre personne et désirabilité. Là où la situation devient moins désirable, c’est quand on ressent que l’autre a besoin d’être désiré. Ce n’est plus une invitation à la sexualité et un partage de plaisir mutuel, mais du quêtâge de réconfort d’un ego fragile. Quand notre partenaire insiste, achale, critique ou met de la pression pour avoir du sexe qu’on ne désire pas, cela diminue encore plus le désir sexuel envers lui ou elle. On ressent le manque de confiance et la dépendance chez l’autre et sans avoir l’impression qu’on nous offre quelque chose en retour.

Un(e) partenaire qu’on désire sexuellement, c’est une personne qu’on admire et respecte, car elle démontre du respect pour soi et pour nous. Sans respect de soi et de l’autre, il ne peut y avoir la flamme du désir. Dans tous les couples, il y a un Partenaire avec Plus de Désir (PPD) et un Partenaire avec Moins de Désir (PMD) qui engendre une variété de dynamique. Le PPD a souvent besoin d’être désiré ce qui motive et justifie son acharnement. Il/elle ressent beaucoup d’insécurité à l’égard de sa désirabilité qui ne peut être réconfortée que par le PMD du couple.

Le paradoxe du PPD

Le PPD ne désire pas réellement le PMD, mais a besoin d’être désiré ce qui le/la rend moins désirable par ce même fait. Le PPD a un travail à faire à l’égard de la validation de soi et ressentir son propre sentiment de désirabilité sans être blessé par le refus du PMD. Par contre, cela est souvent présenté par le PPD, même parfois par le PMD comme étant une libido biologique immense qui doit être répondu. Si cela était vraiment le cas, le PPD ne réagirait pas avec autant d’insistance et pourrait se satisfaire de la masturbation si son désir sexuel n’est motivé que par des impulsions biologiques.

Cette explication et motivation à obtenir une relation sexuelle nuit aussi au désir du PMD envers le PPD, car le sous-texte de celle-ci est la suivante: Je ne te désire pas toi, je désire du sexe. Tu es mon/ma partenaire donc tu te dois de répondre à ce besoin de m’assouvir, car nous sommes dans une relation monogame.

Passer d’un besoin d’être désiré à un désir d’être désiré permet au PPD de démontrer plus de confiance, d’assertivité sexuelle et une invitation de partager un moment intime avec l’autre. Cette approche plus inclusive dans sa sexualité qu’égoïste élimine la dynamique de sexe par pitié qu’on retrouve régulièrement dans les relations à long terme.



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Le paradoxe du PMD

Plus souvent que rarement, le PMD a aussi besoin d’être désiré par leur PPD. Le PMD est d’ailleurs constamment rassuré que leur partenaire ait plus de désir. Cela devient moins sécurisant quand le PPD se valide plus par lui/elle-même et ne recherche plus une sexualité pour assouvir ses insécurités. Quand le PPD s’autoréconforte et ressent son propre sentiment de désirabilité, cela déclenche régulièrement une réaction d’insécurité chez le PMD. Le PPD ne chiale plus, ne critique pas et il/elle n’est plus à la demande du PMD. Cela peut enlever de la pression à court terme, mais à long terme cela déstabilise le fonctionnement emprunté de la relation.

La position de ne pas désirer son partenaire devient menaçante, car l’autre a d’autres options maintenant. Il/Elle n’a plus la dépendance qui était certes envahissante, mais rassurante aussi. Il n’est pas rare que le PMD ait soudainement un désir envers le PPD, mais cela n’est pas envers l’autre, mais un besoin d’être désiré. Elle/Il tente de recréer un espoir pour l’autre pour retrouver la dynamique initiale. Si le PPD ne s’est pas vraiment valider et autoréconforter dans ses insécurités, le fonctionnement emprunté recommencera. Par contre, si un vrai travail sur soi a été accompli, le PPD va refuser une sexualité de qualité médiocre ou du sexe par pitié. Il/Elle va vouloir un partenaire qui offre une présence et un réel intérêt de s’investir dans la relation et la sexualité.

Je veux désirer l’autre

Qui désire vraiment désirer? Pas autant de gens qu’on le pense! Nos enjeux narcissiques, nos blessures d’abandon,  notre désir de plaire et la crainte du rejet sont plus souvent les moteurs de notre désir sexuel vers notre partenaire. Peu de personnes veulent prendre le risque de désirer l’autre plus qu’ils sont désirés. Cela est trop risqué et dangereux d’être moins voulu qu’on veut notre partenaire. C’est pour cela que ni le PPD ni le PMD veut réellement désirer leur conjoint(e).

Pour être en mesure de désirer l’autre, on doit démontrer du respect de soi, une confiance et un sentiment de désirabilité. Cela est dégagé par une assertivité sexuelle et une acceptation que notre partenaire ait plus ou moins de désir que nous. Cela n’est par contre pas une acceptation que notre partenaire se désengage de la sexualité, mais un engagement à dépasser ses limites pour devenir un(e) partenaire plus mature.

Tolérer une intimité plus profonde qui donne un sens à la sexualité pour un couple monogame nécessite de développer une maturité relationnelle et sexuelle. On apprend avec le temps de tolérer les inconforts et d’autoréconforter nos propres insécurités plutôt que de souhaiter que notre partenaire s’adaptent à celles-ci.

 

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Auteur: François Renaud

Sexologue & psychothérapeute à Montréal

Spécialisé en thérapie de couple